Marché immobilier de Djerba : ce qui a changé en 2026
Hausse des prix au m² à Houmt-Souk, retour des investisseurs étrangers, montée en puissance d'Erriadh — le bilan du semestre.
Le premier semestre 2026 confirme une bascule structurelle du marché immobilier djerbien. Trois forces convergent : la digitalisation des annonces, le retour des investisseurs européens après deux années de prudence, et l'émergence de zones jusqu'ici considérées comme secondaires. Voici ce que les chiffres disent vraiment, et comment positionner un projet d'achat ou de vente avant la fin de l'année.
Prix au m² : la fin de la stagnation
Après dix-huit mois de plateau, les prix au m² repartent à la hausse à Djerba — mais pas partout. Houmt-Souk affiche +9,4 % en glissement annuel, porté par la rareté des biens en hyper-centre. Les fondouks réhabilités s'arrachent désormais entre 2 200 et 2 800 TND/m² selon l'état de finition.
À l'inverse, Midoun centre-ville stagne (+1,2 %), pénalisé par une offre nouvelle abondante côté zone touristique. Les acquéreurs s'orientent désormais vers les villas neuves d'Aghir — où la marge constructeur s'est resserrée, ramenant les prix moyens autour de 1 850 TND/m² pour du standing.
Erriadh, longtemps considéré comme un marché de niche, voit ses houch traditionnels rénovés franchir la barre symbolique des 2 000 TND/m². Les acheteurs sont à 65 % étrangers, principalement français et italiens, séduits par le projet Djerbahood et la proximité de la synagogue de la Ghriba.
Le retour des investisseurs étrangers
Les statistiques de l'API (Agence de Promotion de l'Investissement) confirment ce que l'on observait sur le terrain : +38 % de transactions immobilières par des non-résidents au premier trimestre 2026, comparé à T1 2025. Les Français représentent 41 % de cette demande, suivis des Italiens (22 %), Belges (11 %) et Allemands (9 %).
Trois facteurs expliquent ce retour : le taux de change EUR/TND favorable, les nouvelles facilités d'enregistrement pour les acquéreurs européens (autorisation gouverneur en moins de 6 semaines en moyenne), et la digitalisation des plateformes locales — DjerbaImmo en tête — qui rassure sur la qualité des annonces.
Locations vacances : moins de volume, plus de marge
Le segment vacances bouge également. Le nombre d'annonces actives a baissé de 12 % depuis fin 2025, conséquence directe de la nouvelle réglementation ONTT (Office National du Tourisme Tunisien) qui impose une déclaration formelle pour toute location courte durée.
Mais le revenu locatif moyen par nuit a, lui, progressé de 18 %. Les villas avec piscine premium à Sidi Mahrez se louent désormais entre 380 et 620 TND/nuit en haute saison, contre 320–520 il y a un an. La professionnalisation paie.
Zones émergentes : où regarder maintenant
Trois zones méritent le détour pour qui cherche une plus-value à 3-5 ans : Sedouikech (terrains constructibles à 180–280 TND/m²), Cedghiane (maisons traditionnelles à rénover à partir de 95 000 TND), et la frange sud de Mezraya (proximité Houmt-Souk, calme villageois, accessibilité à venir grâce à la nouvelle voie de contournement).
À l'inverse, méfiance sur certains lotissements neufs construits à la hâte côté Aghir : la qualité d'isolation et la conformité piscine y sont parfois douteuses. Toujours faire venir un expert avant de signer.
Conseils pour acheter en 2026
Pour un acheteur primo-accédant : viser les biens 4–6 mois après mise en ligne — la marge de négociation y est la plus forte (8 à 12 % en moyenne). Privilégier les annonces vérifiées avec photos cohérentes et propriétaire identifiable, contact WhatsApp direct.
Pour un investisseur locatif : faire ses simulations sur du long terme (10 ans), intégrer la fiscalité non-résident à 20 % sur les plus-values, et surtout ne pas surpayer la prime « pieds dans l'eau » — la rentabilité brute y est souvent inférieure à 4 % une fois charges et taxes intégrées.
“Le marché djerbien n'est plus un marché de bons coups. C'est devenu un marché de produits — où la qualité et la transparence font la différence sur le prix.”






